Les difficultés liées aux chiffres dans un texte

Les chiffres sont des éléments importants de compréhension du texte, car ils permettent de connaître la date, et donc le contexte du document, mais aussi les éléments relatifs aux transactions financières. Mais leur différenciation dans un texte n’est pas aussi aisée que dans les textes actuels.

En France, chiffres romains et arabes se sont côtoyés, y compris dans les livres de comptes,  jusqu’au 4 octobre 1772, date à laquelle le roi de France adresse des lettres patentes aux Chambres des Comptes du royaume et impose les chiffres arabes, tout du moins dans la comptabilité publique.
L’écriture des chiffres arabes est celle qui a le plus évolué au cours, rendant leur lecture parfois difficile.
Pour le paléographe, la difficulté est donc :

  • de transcrire des chiffres arabes dont la graphie diffère des représentations actuelles
  • de reconnaître un groupe de lettres comme étant un chiffre romain. Aujourd’hui ceux-ci sont souvent représentés dans les textes en majuscules (XXème siècle par exemple). Ce n’est pas le cas dans les textes anciens. On trouve donc : xxe siècle.
  • de repérer les chiffres (arabes ou romains) utilisés comme abréviation et de les transcrire.

En effet, ces chiffres peuvent être utilisés comme abréviation des mois de fin d'année :  

7bre septembre
8 bre octobre
9 bre novembre
X bre décembre

Certains signes d’abréviation ressemblent à un grand 2 ou un grand 9 (voir le chapitre sur les abréviations).

Le paléographe doit donc :

  • se poser la question de la présence possible d’un chiffre en cas d’incompréhension d’un mot. La présence du x (parfois avec une forme bouclée elle-même plus difficile à lire) est un indice.
  • être vigilant dans les passages comprenant une date (souvent en début et fin de texte). Celle-ci étant répétée, et souvent indiquée dans l’analyse d’un document, il peut être utile de recourir aux méthodes de comparaison de passage de texte, et d’utilisation des informations autour du document (instrument de recherche).
  • repérer les textes sous forme de liste, avec des formes ou chiffres alignés (voir le chapitre Repérer les types de document).


Les chiffres romains

I : 1
II: 2
III : 3
IV : 4 (peut aussi s’écrire III)
V : 5
VI : 6
VII : 7
VIII : 8
IX : 9
X : 10
L : 50
C : 100
D : 500
M : 1000
Tout signe à droite d’un signe supérieur s’y ajoute, tout signe à gauche d’un signe supérieur s’en retranche.
La difficulté de lecture provient de l’utilisation fréquente de ces chiffres écrits en minuscules, et donc de la confusion possible avec un texte en lettres cursives.
X, C et M peuvent être utilisés en exposant. Il faut alors multiplier le nombre par l’exposant pour lire le nombre.
Dans certains actes anciens, mille est remplacé par la lettre g


Les chiffres arabes

Il peut être utile de se constituer un dictionnaire personnel reprenant la graphie des chiffres, comme pour les lettres que l’on peine à transcrire.